Sauvegarder et promouvoir la race de la brebis Manex tête noire

logobbBuru Beltza (tête noire en langue basque) est une association d’éleveurs de brebis de la race Manex têtes noires, basée en Pays basque intérieur, mais constituée de 95 éleveurs installés essentiellement sur les 3 provinces d’Iparralde (Pays basque de France), mais aussi en béarn et en Hégoalde (Pays basque d’Espagne). « Son objectif », selon l’animatrice de l’association Marie Loisel, « c’est de sauvegarder et promouvoir cette race locale pyrénéenne rustique dans des systèmes d’élevage qui privilégient l’autonomie, la durabilité et la présence longue en estive. La diminution de 60% du cheptel de Têtes Noires ces 30 dernières années et la forte conversion observée vers des races plus productives sont autant de facteurs alarmants qui poussent les éleveurs de l’association à souhaiter redoubler d’effort ces prochaines années pour assurer la préservation de cette race. Sa défense est essentielle, car en plus d’apporter des services en termes d’entretien du paysage, les élevages de Tête Noire représentent des maillons essentiels de la filière fromagère AOP du territoire dont l’image de qualité et d’authenticité bénéficie à bien des secteurs de l’économie locale. »

Des festivités autour de la brebis tête noire

LicqPour parvenir à ses objectifs, Buru Beltza met en place plusieurs actions concrètes. « Nous organisons des événements dont le but est la découverte du métier de berger et des produits issus des élevages transhumants ». Bortuaren Eguna, par exemple, est une journée organisée tous les deux ans à la fin juillet sur le plateau d’Iraty. « On peut assister lors de cet événement à un concours de brebis et à un concours de fromages d’estive jugé par les professionnels de la branche (crémiers, éleveurs, restaurateurs et consommateurs…).» L’an dernier, c’était aussi la première édition de la fête de la transhumance à Licq Athérey, en Soule, pour la descente des brebis fin Septembre. On pouvait y découvrir entre autres choses une exposition photo « Euskal Artzainak » de Séverine Dabadie et un atelier sur le goût, en partenariat avec l’association Sarde Sardexka. « Ce fut une réussite que nous allons essayer de reconduire et ouvrir à un public plus large. » Parmi les autres activités de l’association, on trouve des actions de promotion et de sensibilisation dans les formations agricoles professionnalisantes.

Trouver de la main d’œuvre qualifiée hiver comme été

 Bortuaren-Eguna« Nous avons également mis en place cette année et depuis mars une bourse à l’emploi afin de répondre aux besoins en main d’œuvre des  éleveurs-employeurs et pérenniser les emplois à l’année pour les salariés, hiver comme été. »  Buru Beltza centralise les offres et les demandes et trouve de la main d’œuvre qualifiée, denrée plutôt rare de nos jours, d’autant que la demande de gardiennage est de plus en plus forte (et que les agriculteurs peuvent bénéficier d’aides). « C’est une des pistes que nous avons imaginé avec de nombreux acteurs du territoire pour  soutenir le maintien de l’activité transhumantes dans nos vallées ». Et pour gérer tout cela au plus près des éleveurs et du territoire, l’asso s’est dotée de deux postes d’animatrices basées en Pays basque et Béarn.

Un schéma de sélection plus respectueux du standard et de la rusticité

L’un des projets fondateurs de la structure est aussi de définir les lignes directives et développer un nouveau schéma de sélection pour la race de brebis têtes noires. Le noyau des sélectionneurs a diminué peu à peu pour plusieurs raisons, notamment des désaccords entre l’objectif de l’augmentation de la production laitière et celui de l’importance de conserver les critères du standard de la race (forme des cornes, couleur de la brebis, aplombs, etc.). « L’objectif de ce nouveau schéma seraient d’intégrer tous les critères et de répondre à ces objectifs collectifs en s’adaptant aux particularités des systèmes transhumants. » Car oui, la Manex tête noire transhume très tôt dans l’année et redescendent tard, ce qui est rend l’utilisation des outils classiques de la sélection (comme l’insémination artificielle par exemple) difficiles.

Valoriser les produits issus de cet élevage typique

TranshumanceDernier aspect – et non des moindres – visé par l’association : trouver une façon de valoriser les produits de la race moins laitière que les autres races locales mais qui constitue une valeur environnementale intéressante pour le territoire puisqu’elle est intégrée dans des systèmes d’élevage qui transhument jusqu’à 6-7 mois. « Avec plus de valeur ajoutée, on pourrait favoriser l’installation de plus de bergers en têtes noires. » Un groupe de travail vient d’entamer une réflexion au sujet des diverses pistes à creuser, comme la commercialisation des agneaux, du lait, la transformation fromagère ou la filière laine.
Les Tookets issus des programmes du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne seront employés au financement de supports de communication (témoignages photos dans le but d’éditer un livre ou de vidéos avec des entretiens d’éleveurs…), développer un site web permettant une meilleure visibilité des actions de l’association et une meilleure valorisation des produits issus de cet élevage très typique.

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