La Lourdaise, race bovine sauvée, mais toujours en danger…

Logo ANRBLL’association  Nationale de la Race Bovine Lourdaise (ANRBL) a été créée en 2003, d’abord sous le nom de Syndicat des Races Bovines des Pyrénées Centrales. « Elle englobait les éleveurs de vaches Lourdaises mais aussi de race Casta (les vaches ariégeoises) », clarifie le président de la structure actuelle, Jean-Bernard Abadie. « En 2011, nous avons décidé de nous séparer en deux entités distinctes car les deux systèmes d’élevage comme les races bovines n’ont pas les mêmes objectifs. Cela posait également un problème au niveau des subventions. L’ANRBL est donc devenue une association Nationale reconnue par le ministère de l’agriculture et l’institut de l’élevage. » Le but étant, bien entendu, de fédérer les éleveurs de Lourdaises et de programmer un certain nombre d’actions de valorisation de la seule race bovine qui soit originaire des Hautes Pyrénées.

De 40 000 reproductrices en 1930 à 300 aujourd’hui !

DSC_0015Et le démarrage ne fut pas simple : « dans les années 30, on comptait environ 40 000 têtes lourdaises en France. Mais après la guerre et l’arrivée du tracteur sur les exploitations agricoles, qui a peu à peu remplacé le travail attelé, la volonté politique fut d’uniformiser les races autour de trois hybrides et donc de provoquer la disparition des races endémiques, dont la nôtre ». Et cette dramatique perte d’origine et de biodiversité a bien failli se produire. Mais c’était sans compter sur quelques irréductibles qui ont précieusement conservé leurs vaches, si bien que la lourdaise a pu réapparaitre en 1985 avec seulement 11 femelles et un mâle. « Nous avons pu ainsi restaurer et sauver le réservoir génétique. Aujourd’hui, il y a environ 300 reproductrices réparties dans 74 exploitations situées au-dessous d’une ligne qui va des Charentes aux Pyrénées Orientales, avec le gros du cheptel dans le berceau du 65 ».

Une vache adaptée aux standards de la nouvelle agriculture

divers 010ANRBL participe à de nombreux comices agricoles et foires locales afin de promouvoir la lourdaise et incite par ailleurs les éleveurs à s’inscrire à l’état civil bovin. « Depuis 2015, nous travaillons à créer une Organisation de Sélection  gérée par l’institut de l’élevage.
Mais notre vache est victime de ses qualités : elle a une lactation très abondante (36 000L/an) et très riche et sont prisées par les éleveurs qui les croisent pour produire des veaux sous la mère.
 » Il n’y a donc pas assez de génisses pour sauver définitivement la lourdaise. Et le président d’appuyer : « Depuis 20 ans, je n’en ai pas tué une seule ! Elles sont toutes vendues pour la reproduction. C’est une vache qui est tout à fait au goût de la nouvelle agriculture : elle est adaptée à tous les terrains, fertile (1 veau tous les 11 mois), elle se débrouille seule pour ses mises-bas, la viande issue de cette race est très persillée… Et le règlement intérieur interdit le recours à l’ensilage et aux OGM ! »

Du sang neuf pour une nouvelle lignée

Vaches-8846Suite à une décision de justice qui a sanctionné un éleveur girondin, l’association souhaite récupérer 20 génisses lourdaises de son exploitation, actuellement mises sous séquestre. « L’agriculteur a conduit son troupeau pendant 30 ans, il y a là un patrimoine génétique très intéressant à sauver, ne serait-ce que pour remettre du sang neuf dans le circuit, créer une nouvelle lignée… » Cette reprise aura probablement un coût important et les Tookets issus des programmes du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne seront tout d’abord employés à ce premier projet.
LOGO RBLPEEnsuite, l’ANRBL souhaite créer une coopérative afin de fabriquer une filière viande (bœuf) de qualité nourrie à l’herbe, au foin et aux céréales : « Il nous manque des fonds et un terrain pour lancer ce projet car il nous faut un élevage unique et extensif, de façon à pouvoir toujours proposer le même produit à nos futurs clients ». Et s’il reste quelques Tookets, l’asso pourrait bien les employer à la communication, afin de donner aux agriculteurs l’envie de prendre ces vaches lourdaises. « Actuellement, 21 éleveurs m’ont contacté pour en avoir, mais nous n’avons pas les bêtes… », termine M. Abadie.

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