Sauver les oiseaux endémiques de La Réunion de l’extinction

seor_verticalLa SEOR Société d’Etudes Ornithologiques de La Réunion a été créée en 1997 et est spécialisée dans la protection des oiseaux de cette île française située à l’Est de Madagascar, dans l’océan indien. « Nous menons des actions scientifiques et de conservation », explique François-Xavier Couzi, son directeur. « Par exemple sur le Tuit-Tuit (ou Echenilleur de La Réunion de son nom français), est un oiseau qui ne vit plus que dans la forêt de la Roche Ecrite située dans les hauteurs de l’île. Lorsque nous avons commencé à travailler sur la sauvegarde de cette espèce endémique, il ne restait que 6 couples. Nous étions à la veille de l’extinction de cette espèce. Aujourd’hui, la population a été multipliée par 10. »

Tuit-tuit mâle, par Frank Théron

Tuit-tuit mâle, par Frank Théron

Pour ce faire, la SEOR a dû analyser les causes de cette disparition. Elle en a conclu que la faute en revenait… Aux hommes, une fois n’est pas coutume ! Car lorsqu’ils ont découvert et colonisé l’île, à la fin du XVIème siècle, ceux-ci y ont importé leurs chats domestiques ainsi qu’un certain nombre de passagers clandestins : des rats, qui infestaient les cales des navires. Dans ce milieu tropical favorable à leur développement, les deux espèces se sont mises à pulluler et sont devenu des prédateurs notamment de cet oiseau.

Pour l’amour du Tuit-Tuit et du Pétrel de Barau

Pétrel de Barau, par Yabalex

Pétrel de Barau, par Yabalex

Mais l’action fondatrice de la structure concerne le Pétrel de Barau, un oiseau marin lui aussi en danger d’extinction, qui vient se reproduire chaque année près du Piton des neiges, entre 2500 et 2800 mètres d’altitude. Entre décembre et mai, les adultes et leurs petits sont prédatés par les chats et les rats sur les colonies ; mais leur plus gros problème est tout autre, bien qu’il soit aussi d’origine humaine : une fois leur croissance terminée, les jeunes s’envolent pour rejoindre l’océan mais sont désorientés par les éclairages publics! « Normalement, ces oiseaux s’orientent la nuit avec les étoiles et la lune. Mais là, à cause de nous, ils vont s’échouer dans les zones urbaines, avant d’atteindre la côte », reprend François-Xavier Couzi. « Le souci, c’est qu’une fois au sol, ils ne peuvent plus décoller par eux même. Une fois à terre, ils sont condamnés à mort. » C’est pour cette raison que depuis sa création, la SEOR met en œuvre chaque année une campagne de sauvetage de ces petits pétrels, ce qui équivaut à un peu plus de 2000 individus sauvés par an. « Les habitants de l’île le savent, maintenant et les apportent d’eux-mêmes aux autorités ou dans les points relais où nos bénévoles les récupèrent. Ensuite, nous les baguons et les relâchons. Mais le pétrel n’est pas le seul concerné. Il y a 4 autres espèces concernés ».

Les nuits sans lumière : plus d’oiseaux, moins de CO2

SEOR-AFF---SAUVONS-LE-PETREL-60x80Aussi, pour sensibiliser la population de La Réunion, la SEOR fait pas mal de communication autour de cette campagne annuelle. Elle organise des formations, imprime des affiches, met en œuvre des actions dans les écoles… « Les gens ont conscience de faire un acte du cœur, même s’ils n’ont pas forcément une connaissance approfondie de l’espèce. Sans leur soutien, nous ne pourrions pas gérer ce sauvetage », admet le directeur. Pour compléter le tableau, la SEOR copilote avec le Parc national de La Réunion l’opération « Nuits sans lumière ». Un évènement pendant lequel elle demande à tout un chacun, de couper les lumières pendant 20 jours dans le courant du mois d’avril. « Bien qu’il soit difficile de déterminer précisément l’effet de ces coupures sur l’échouage des jeunes pétrels, cela limite certainement l’échouage des oiseaux et EDF, partenaire de l’opération constate aussi une nette économie d’énergie sur la période. » En tout cas, cela pose des questions quant à une meilleure gestion du parc lumineux à l’année ainsi que sur notre mode de consommation énergétique. Car au final, en plus des oiseaux, cela touche les insectes, les chauves-souris mais aussi notre santé. Sans parler du bilan sur la production de CO2. « Ce qui nous place tout à fait dans le cadre de la COP21 !», termine François-Xavier.
La SEOR peut recevoir les Tookets issus des programmes de la Tookets.Coop ainsi que ceux du Crédit Agricole Mutuel de La Réunion. Ils seront affectés au centre de soins ainsi qu’à la consolidation du réseau de sauvetage, aux frais de vétérinaire et aux soins des oiseaux.

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Une réponse à Sauver les oiseaux endémiques de La Réunion de l’extinction

  1. FONTAINE et MUSSARD dit :

    bonjour,
    nous sommes deux enseignantes de CE2 qui travaillerons pendant toute cette nouvelle année scolaire sur le développement durable et la protection de l’environnement, plus précisément sur la protection des animaux de l’île.
    nous avons prévu plusieurs visites pour sensibiliser les enfants de la classe :
    à Kélonia pour un lâcher de tortues,
    à la réserve marine,
    au Museum d’histoire naturelle pour une découverte des animaux de l’île à st Denis
    en parc national
    et enfin nous avons contacté la SEOR pour une visite pédagogique en classe et un lâcher d’oiseaux.
    l’objectif ici est de sensibiliser nos enfants mais aussi nos parents d’élèves à travers des articles que nous écrirons pour le journal de l’école.
    de même nous avons pris contact avec une association de graffitis pour que nos élèves décorent un mur vierge avec une belle image qui serait le message de notre projet.
    je m’adresse à vous aujourd’hui pour me renseigner concernant les démarches à faire pour que je puisse faire financer mon projet graff pour vraiment aller au bout de cette action.
    merci de ma contacter svp
    cordialement
    me MUSSARD Emmanuelle

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