De l’eau des khettaras à l’émancipation des femmes du Maroc

196231_10150108195411292_2330623_nL’eau du désert est une association créée au Japon il y a 10 ans par Yvette Figadere-Suzuki, alors qu’elle était traductrice sur des projets d’aide en Afrique. C’est à cette occasion qu’elle a pu se rendre plusieurs fois au Maroc. De retour en France (dans le Gers), elle a décidé de reconduire cette structure dès 2008, qui, comme son nom l’indique, œuvre pour la sauvegarde des Khettaras, ce système d’irrigation qui récupère l’eau des montagnes à 30 m de profondeur et permet de la distribuer (en moyenne à 12 km de son gisement) aux terres arables ainsi qu’aux hommes (et femmes) qui la travaillent. « Le changement climatique, l’exode rural, la surpopulation, les modes de vie qui changent font que ce système est en train de disparaître peu à peu. 11782359_10152935070261292_2725151008891462095_oEt plus les pays sont sensibles, plus les dégâts occasionnés par ces différents facteurs sont graves et rapides », explique la présidente. « C’est toute une société qui est chamboulée, depuis que les gens ont besoin d’argent… Les systèmes d’irrigation ne sont plus entretenus, puisque les hommes sont partis. Les galeries souterraines doivent être nettoyées, ouvertes et fermées à intervalles réguliers, bref : entretenues comme des bébés ! »

Des laveries collectives entre les oasis et les villages

11838824_10152877219396292_9213489613640604066_o« Au départ, je voulais faire un musée de la Khettara, mais je me suis aperçue qu’entre les oasis et les villages, il y a des lavoirs. Or, aujourd’hui, les femmes utilisent des lessives chimiques très concentrées et utilisent beaucoup d’eau, ce qui occasionne du gaspillage et de la pollution ». C’est ainsi que Mme Figadere-Suzuki a eu l’idée de créer des laveries collectives. Cinq ont été créées depuis la mise en place du projet. Si elles utilisent l’eau courante et des machines à laver, l’eau est ensuite filtrée et recyclée, puis réutilisée dans une zone d’infiltration où sont plantés des arbres. Une évolution qui favorise une meilleure gestion et économie de l’eau, la dépollution ainsi qu’une agriculture durable. 10308161_10152005617801292_2143212937094298276_nMais ce n’est pas tout elle permet aussi l’autonomie des femmes, parce que « ces laveries sont entièrement gérées par des femmes : du règlement des frais de fonctionnement (électricité, eau, savon, lessive, entretien) au règlement des salaires, en passant par les éventuels bénéfices réalisés ». Et de se réjouir : « Le gouvernement marocain s’intéresse à ces laveries et il n’est pas impossible qu’il reprenne l’idée à son compte pour en développer ailleurs sur son territoire ».

Un revenu pour les femmes, qui deviennent autonomes

11082584_10152593861181292_1680290951718803560_nCar il faut créer des projets pour toutes les femmes, leur permettant de générer un revenu. Celles qui sont dans ces laveries collectives (2 par laveries), donnent envie aux autres de gagner de l’argent. C’est ainsi que d’autres projets sont en train de naître dans un triangle autour d’Errachidia, Erfoud et Tinghir, dans le Tafilalet (région du sud-est marocain) : « on y fabrique de façon traditionnelle de très beaux tissus. Les femmes ont un savoir-faire extraordinaire dans le tissage, le cardage, le filage, la teinture… Elles font tout ! Nous voudrions faire des objets de qualité qui pourront être vendus plus cher, tant qu’à faire… ». Des ateliers textiles, donc mais aussi de la verrerie : « Un ami japonais, maître verrier, crée des objets de luxe à partir du sable de Merzouga (qu’on trouve dans cette région). Il pourrait bien aller travailler sur place, directement à la source de sa matière première, et formerait des gens. » Mais pour cela, l’association cherche des financements, ainsi qu’un local. Un projet de conserves de qualité de fruits et légumes (coulis de tomate, confitures de figues…), ainsi qu’un atelier de couture création de vêtements pour bébés sont aussi à l’étude.

11935154_10152902148871292_2402392255887958704_oL’association a bien quelques financeurs, entre autres l’Europe, le gouvernement marocain, le fond pour l’environnement mondial, l’INDH (Initiative Nationale pour le Développement Humain), ou les adhérents… Mais les Tookets que vous lui distribuerez via les programmes de la Tookets.Coop ou ceux du Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne permettraient d’aider toutes ces femmes à acquérir l’autonomie grâce à ces projets générateurs de revenus.

Catégories : #COP21, Associations
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