Accompagner des villages d’agriculteurs malgaches vers l’autonomie

logoCréée en 1984, l’association Amitié France Madagascar (AFM) avait pour objectif de s’occuper des soins de santé et de l’éducation des enfants d’un village de Madagascar. Pour ce faire, une école fut d’abord construite dans un village de brousse très excentré peuplé d’agriculteurs, pouvant accueillir jusqu’à 450 enfants. Ce premier bâtiment fut suivi de logements de fonction pour 6 enseignants, afin de lutter contre l’absentéisme du corps enseignant, puis d’un dispensaire et d’un centre social. « Notre but était alors de concentrer notre travail sur la scolarisation des enfants, pour leur assurer un avenir », se souvient la présidente actuelle, Chantal Blancand. « A l’époque, nous payions l’écolage (environ 1500€ par an pour tous les enfants), mais nous ne voulions pas continuer ce que nous considérions comme une forme d’assistanat ».

Benja, ingénieur agronome

Benja, ingénieur agronome

En 2011, fort de ce constat et à la faveur d’un changement de direction, l’association a décidé d’apprendre aux familles d’agriculteurs à mieux cultiver les terres de façon à obtenir un revenu étalé sur toute l’année. « Nous avons donc recruté un technicien agricole, mais malgré son implication pendant une année, il n’y a pas eu de progrès spectaculaire ». C’est alors que le hasard a bien voulu mettre un ingénieur agronome malgache sur la route de la structure. Ce dernier est devenu le consultant de l’association à partir de 2013, travaillant de concert avec le technicien. « L’organisation a changé. Des groupements d’agriculteurs ont été effectués, auxquels il a été inculqué des valeurs de partage et de solidarité ». Et c’est ainsi que l’ingénieur leur a fait découvrir autre chose que la monoculture traditionnelle du riz, très saisonnière et dépendante des aléas climatiques.

De l’huile essentielle de géranium

Groupement de paysans malgaches

Groupement de paysans malgaches

« Il a notamment mis en place de petites ‘’vitrines paysannes’’ (où il a fait pousser quelques salades, tomates et autres), afin de servir d’exemple pour les autres agriculteurs. Il leur a donné des méthodes d’élevage de volaille, leur faisant cultiver la nourriture des poulets au lieu de l’acheter et on commence à mesurer les résultats de ce travail car cela leur assure un peu plus de revenu tout au long de l’année. »
volaillesL’ingénieur ne s’est pas arrêté en si bon chemin : il a apporté une série de nouveaux projets à l’association, et en particulier la culture de géraniums afin d’en extraire l’huile essentielle. « Nous avons obtenu une subvention de l’Agence Micro Projets pour une plantation de 100 000 pieds répartis entre une association partenaire locale et les familles de paysans. L’objectif est que l’asso en question devienne autonome et prenne en charge financièrement le développement rural des 22 villages du district d’Ambatolampy. Quant à nous, nous mènerions d’autres projets ailleurs. »

Récolte de géraniums

Récolte de géraniums

Mais cela, c’était sans compter sur une mauvaise année 2014. Les cultures ont dû subir le gel, puis un cyclone et des inondations en 2015. Tout se remet en place lentement, mais à cause de ces aléas climatiques, le projet ne sera pas totalement clôturé à la date prévue (en mars prochain), mais plutôt vers septembre 2016. Dans le même temps, l’ingénieur malgache ne chôme pas : il va créer et encadrer un total de 9 « vitrines agricoles » plus importantes que les précédentes, avec un poulailler de 75 volailles par vitrine, des puits, des composteurs et un grenier à riz afin d’éviter la spéculation et garantir un prix moyen supportable pour les familles. Ces vitrines seront comme autant de petits centres d’expérimentation potager et fruitier.

Une école agricole

L'école agricole

L’école agricole

« 600 familles participent à ce programme et tous leurs enfants sont scolarisés », s’enorgueillit Mme Blancand. D’ailleurs, à propos d’école, l’ingénieur est aussi à la source de la création d’une école agricole qui vient d’ouvrir pour 10 premiers élèves. Il devrait y en avoir 15 l’an prochain et 20 l’année suivante, avec un objectif de 50 dans un avenir proche. « Ces élèves sont nourris, logés et éduqués gratuitement. En échange, ils doivent suivre des cours théoriques et pratiques, participer à des ateliers utiles à leurs communautés, mais surtout transmettre leurs connaissances et compétences, les vulgariser et les essaimer auprès de leurs villages respectifs ».

L'équipe de formateurs

L’équipe de formateurs

5 élèves antérieurement formés dans d’autres écoles d’agriculture  (financés par AFM) travaillent aujourd’hui en tant que formateurs dans l’école. Parallèlement, Amitié France Madagascar souhaite parfaire la culture des géraniums et affiner les techniques de distillation de la fleur, car de la qualité de l’huile essentielle obtenue dépendent de futurs contrats sur 10 ans avec des parfumeurs. Sans oublier que le projet est tout de même un investissement conséquent de 34 000€.

alambics

alambics

Les Tookets obtenus via les programmes de la Tookets.Coop et du Crédit Agricole d’Aquitaineserviront à financer les vitrines agricoles. « Nous avons reçu l’équivalent de 872€ en 2015, ce qui est une somme importante pour l’association comme pour Madagascar », termine la présidente, qui espère un engouement des donateurs de Tookets encore plus fort pour 2016. « Toujours dans le but d’accompagner nos villages malgaches vers le développement durable, l’autonomie et la sécurité alimentaire, nous organisons aussi des vide-greniers et nous vendons de l’artisanat malgache. »

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Une réponse à Accompagner des villages d’agriculteurs malgaches vers l’autonomie

  1. Bonjour,

    Très bel article, merci ! C’est vraiment toute une histoire de l’association que vous a raconté.
    En tous cas, tout a bien fini pour votre association, maintenant que vous avez trouvé la bonne voie pour que cette association puisse goûter les fruits de son application dans ses projets. Je vous remercie également d’avoir pris soins de nos compatriotes !

    A bientôt !

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